L’excès de « poudre de perlimpinpin et de paillettes » n’apporte souvent rien de bon.
Certains couteaux de chasse, baïonnettes modifiées ou même de simples couteaux de boucher retaillés furent utilisés par les Poilus durant la Première Guerre mondiale, preuve qu’un outil bien choisi suffit souvent amplement.
Un couteau, comme tout outil, n’est que le prolongement de la volonté de son utilisateur. Cependant, certains critères méritent réflexion pour bien choisir.
War Time...
Lames fixes ou pliants : que privilégier ?
Dans la mesure du possible, il est recommandé d’opter pour une lame fixe, les couteaux pliants (folders) servant plutôt de « back up » pour un usage quotidien léger : couper une cordelette, manger, bricoler. Une lame fixe présente moins de contraintes mécaniques qu’un couteau pliant, dont la lame peut finir par se refermer sur vos doigts, quel que soit le système de verrouillage ou le prix.
Certains concepts d’aide à l’ouverture, comme le système « Wave », fonctionnent bien en « training » mais peuvent s’avérer peu fiables en situation de stress. À l’inverse, le « Flipper » présente un intérêt supplémentaire : il forme une garde une fois déployé, offrant une meilleure protection pour la main (selon la taille du Flipper). Attention toutefois aux flippers, car ce système peut parfois entraîner une ouverture accidentelle de la lame lorsqu'il est porté dans une poche ou en inside.
Pour une ouverture optimale d’un folder, rien de mieux qu’une ouverture à deux mains. La main faible qui tire sur la lame et la main forte qui pousse sur le manche. D’où ma petite préférence pour les folders de la marque Américaine Spyderco qui possèdent des lames qui dépassent assez largement du manche quand le couteau est fermé du au « Spyderhole » (le trou emblématique de la marque à l’araignée qui permet une ouverture à une main). Ce concept prend une certaine place sur la lame, ce qui nous donne de la matière à saisir avec la main faible.
"Endura" by Spyderco
Les exceptions dans la catégorie des pliants
Quelques types de pliants se démarquent par leur sécurité et leur rapidité de mise en oeuvre:
Balisong (nommé également: Papillon ou Butterfly)
OTF (Out The Front)
Trifolder
Ces modèles ont l’avantage de ne pas risquer de se refermer sur les doigts une fois ouverts, grâce à leur conception.
Balisong - N14 "Le Poilu" by Station IX
"Tri Folder" by Fred Perrin
Le couteau fixe : l’outil par excellence
Revenons à la lame fixe, accompagnée d’un étui en Kydex, de préférence de type « Taco » pour éviter un étui trop encombrant. Celui-ci doit être adapté et permettre un mode de port optimal selon : Qui vous êtes ? Où vous êtes ? Et ce que vous faites ?
Une lame fixe, bien conçue et bien portée, est toujours plus rapide à mettre en œuvre qu’un pliant.
Un bon couteau fixe doit être: simple, rustique et sans fioritures.
Les facteurs importants sont les suivants :
Une dureté HRC raisonnable pour une facilité d’affûtage sur le terrain.
Une géométrie de pointe et d'émoutures adaptées à l'utilisation principale.
Avec une garde (1 quillon, 2 quillons, 1 finger choil, 1 finger groove).
Une bonne balance d’équilibre entre le manche et la lame avec une épaisseur générale adaptée pour une utilisation optimale et un port agréable et discret pour ne pas occasionner de gène et une attention visuel suspect. L'épaisseur ne fait pas la solidité d'un couteau, mais son traitement thermique oui. Par contre une chose est sur, plus il sera épais et plus il sera lourd à porter.
Une très bonne ergonomie avec une bonne rétention et dans l’idéal un couteau avec un manche asymétrique pour savoir dans quelle position est votre couteau uniquement avec le sens du touché.
- Personnellement, je préfère éviter les couteaux avec 4 empreintes de doigts, car rarement confortables selon la largeur des mains et souvent inconfortables avec des gants, d’où m’a préférence pour un seul et unique « finger choil » ou une asymétrie quelconque.
Les designs spécifiques
Certains couteaux, comme les Push Dagger, les Griffes, les Pikals, ou encore les Serpettes, mériteraient un article à part entière. Ce ne sont pas de simples designs, mais des concepts avec des usages spécifiques.
En revanche, je suis moins convaincu par d’autres modèles, comme :
Les automatiques latéraux, qui présentent peu d’avantages face aux OTF. Bien qu’ils s’ouvrent d’une main, leur lame peut se refermer sur les doigts.
Les Karambits, dont l’anatomie trop spécialisée le rend moins polyvalent qu’un couteau à lame fixe classique.
Conclusion : choisir un couteau adapté
Chaque concept a ses avantages et ses inconvénients. La clé est de choisir un couteau qui répond à qui vous êtes, où vous êtes, et ce que vous faites.
Finalement, le meilleur outil est celui qui saura s’adapter à votre usage réel, sans excès de complexité.
"Keep your edge"













