lundi 11 mai 2026

TACTIC OR NOT TACTIC - That is the question...

L’excès de « poudre de perlimpinpin et de paillettes » n’apporte souvent rien de bon. 

Certains couteaux de chasse, baïonnettes modifiées ou même de simples couteaux de boucher retaillés furent utilisés par les Poilus durant la Première Guerre mondiale, preuve qu’un outil bien choisi suffit souvent amplement.

Un couteau, comme tout outil, n’est que le prolongement de la volonté de son utilisateur. Cependant, certains critères méritent réflexion pour bien choisir.

War Time...


Sabatier 6"


Sabatier original à gauche & Sabatier customisé à droite

Lames fixes ou pliants : que privilégier ?

Dans la mesure du possible, il est recommandé d’opter pour une lame fixe, les couteaux pliants (folders) servant plutôt de « back up » pour un usage quotidien léger : couper une cordelette, manger, bricoler. Une lame fixe présente moins de contraintes mécaniques qu’un couteau pliant, dont la lame peut finir par se refermer sur vos doigts, quel que soit le système de verrouillage ou le prix.

Certains concepts d’aide à l’ouverture, comme le système « Wave », fonctionnent bien en « training » mais peuvent s’avérer peu fiables en situation de stress. À l’inverse, le « Flipper » présente un intérêt supplémentaire : il forme une garde une fois déployé, offrant une meilleure protection pour la main (selon la taille du Flipper). Attention toutefois aux flippers, car ce système peut parfois entraîner une ouverture accidentelle de la lame lorsqu'il est porté dans une poche ou en inside.

Pour une ouverture optimale d’un folder, rien de mieux qu’une ouverture à deux mains. La main faible qui tire sur la lame et la main forte qui pousse sur le manche. D’où ma petite préférence pour les folders de la marque Américaine Spyderco qui possèdent des lames qui dépassent assez largement du manche quand le couteau est fermé du au « Spyderhole » (le trou emblématique de la marque à l’araignée qui permet une ouverture à une main). Ce concept prend une certaine place sur la lame, ce qui nous donne de la matière à saisir avec la main faible.

"Endura" by Spyderco

Les exceptions dans la catégorie des pliants

Quelques types de pliants se démarquent par leur sécurité et leur rapidité de mise en oeuvre:

  • Balisong (nommé également: Papillon ou Butterfly)

  • OTF (Out The Front)

  • Trifolder

Ces modèles ont l’avantage de ne pas risquer de se refermer sur les doigts une fois ouverts, grâce à leur conception.

Balisong - N14 "Le Poilu" by Station IX


OTF - Microtech Combat Troodon


"Tri Folder" by Fred Perrin

Le couteau fixe : l’outil par excellence

Revenons à la lame fixe, accompagnée d’un étui en Kydex, de préférence de type « Taco » pour éviter un étui trop encombrant. Celui-ci doit être adapté et permettre un mode de port optimal selon : Qui vous êtes ? Où vous êtes ? Et ce que vous faites ? 

Une lame fixe, bien conçue et bien portée, est toujours plus rapide à mettre en œuvre qu’un pliant.

Un bon couteau fixe doit être: simple, rustique et sans fioritures. 

Les facteurs importants sont les suivants : 

  • Une dureté HRC raisonnable pour une facilité d’affûtage sur le terrain.

  • Une géométrie de pointe et d'émoutures adaptées à l'utilisation principale.

  • Avec une garde (1 quillon, 2 quillons, 1 finger choil, 1 finger groove).

  • Une bonne balance d’équilibre entre le manche et la lame avec une épaisseur générale adaptée pour une utilisation optimale et un port agréable et discret pour ne pas occasionner de gène et une attention visuel suspect. L'épaisseur ne fait pas la solidité d'un couteau, mais son traitement thermique oui. Par contre une chose est sur, plus il sera épais et plus il sera lourd à porter.

  • Une très bonne ergonomie avec une bonne rétention et dans l’idéal un couteau avec un manche asymétrique pour savoir dans quelle position est votre couteau uniquement avec le sens du touché. 

  • Personnellement, je préfère éviter les couteaux avec 4 empreintes de doigts, car rarement confortables selon la largeur des mains et souvent inconfortables avec des gants, d’où m’a préférence pour un seul et unique « finger choil » ou une asymétrie quelconque.

Anatomie d'un couteau de soldat - N8 "S.E.R.E" by Station IX


N12 "Undercover" by Station IX

Les designs spécifiques

Certains couteaux, comme les Push Dagger, les Griffes, les Pikals, ou encore les Serpettes, mériteraient un article à part entière. Ce ne sont pas de simples designs, mais des concepts avec des usages spécifiques.


N13 "Cyclop" by Station IX


N5 "The Scorpion" by Station IX (collaboration avec Fred Perrin - créateur de La Griffe)


Pikal - "Skeleton"




"Serpette N°10" by Opinel

En revanche, je suis moins convaincu par d’autres modèles, comme :

  • Les automatiques latéraux, qui présentent peu d’avantages face aux OTF. Bien qu’ils s’ouvrent d’une main, leur lame peut se refermer sur les doigts.

  • Les Karambits, dont l’anatomie trop spécialisée le rend moins polyvalent qu’un couteau à lame fixe classique.

Conclusion : choisir un couteau adapté

Chaque concept a ses avantages et ses inconvénients. La clé est de choisir un couteau qui répond à qui vous êtes, où vous êtes, et ce que vous faites. 

Finalement, le meilleur outil est celui qui saura s’adapter à votre usage réel, sans excès de complexité.


"Keep your edge"

vendredi 1 mai 2026

WAVE vs WAVE

Leatherman Wave 1998 à gauche et Leatherman Wave Alpha 2025 à droite

420 HC steel / MagnaCut steel

Pince avec coupe-fils intégré / pince avec coupe-fils remplaçables

Wave 1998 - Outils externe avec Liner Lock

Wave Alpha - Outils externe avec Liner Lock

Wave 1998 - Outils interne sans système de Lock

Wave Alpha - Outils interne avec Back Lock

Le Leatherman Wave de première génération (1998) et le Leatherman Wave Alpha (2025) illustrent parfaitement l’évolution de la philosophie multitool chez Leatherman, entre héritage fonctionnel et montée en gamme technique.

Le modèle de 1998 mise avant tout sur la robustesse simple et l’essentiel. Plus compact et légèrement plus léger, il se distingue par son manche en acier inoxydable, sa lame Clip Point en acier 420HC, et une approche orientée outils “classiques”. En revanche, il montre ses limites par l’absence de blocage sur les outils intérieurs, une ergonomie plus sommaire et des performances de lame aujourd’hui dépassées. Son prix, relativement contenu, reflète cette philosophie utilitaire et accessible.

À l’opposé, le Wave Alpha incarne une évolution moderne et premium. Plus long, légèrement plus épais et un peu plus lourd, il compense largement par un saut technologique majeur : lame principale en MagnaCut, Reverse Tanto, ouverture à une main, et systèmes de blocage complets (liner lock et back lock). Le manche en G10 apporte un double avantage : une prise en main nettement améliorée grâce à un grip plus sûr, mais aussi un confort supérieur par temps froid, le matériau étant bien moins conducteur thermique que l’acier, limitant la sensation de froid et améliorant la sécurité d’utilisation en conditions hivernales. L’ergonomie générale et l’amélioration de certains outils en font un multitool clairement orienté usage intensif. En contrepartie, le prix est nettement plus élevé et l’étui n’est plus inclus.

En résumé, le Wave 1998 représente un multitool sobre, fiable et polyvalent, fidèle à l’esprit originel de la marque, tandis que le Wave Alpha s’adresse à un public exigeant recherchant performance, sécurité et matériaux haut de gamme, au prix d’un investissement conséquent. Deux époques, deux philosophies, mais une continuité claire dans l’ADN Leatherman.


"Keep your edge"

dimanche 26 avril 2026

ANATOMIE D'UN COUTEAU A LAME FIXE

Pour que nous parlions tous le même langage sur cette page, il est essentiel de connaître certains termes techniques relatifs à l’anatomie d’un couteau à lame fixe.

En particulier, lorsqu’on parle d'un couteau à lame fixe, Il existe plusieurs types de constructions, mais je vais uniquement vous présenter les deux grandes catégories, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients.

PLATE SEMELLE / FULL TANG

Avantages

  • La lame et la soie ne font qu’un seul bloc d’acier sur toute la longueur du manche.

  • Aucun point faible structurel, parfait pour les tâches exigeantes (levier, contraintes latérales, batonnage…).

  • Idéal pour un usage en situation de survie ou en utilisations militaires.

  • Moins de risques de casse en cas d’usage intensif.

  • La masse d’acier par la lame et le manche offre un meilleur équilibre général.

  • Si les plaquettes du manche sont abîmées, elles peuvent être remplacées ou supprimées sans compromettre la solidité ou l’utilisation de l’ensemble.

  • Très grande longévité, même après des années d’utilisation difficile.

Inconvénients

  • Plus lourd qu’un couteau avec un montage sur Soie.

(Station IX - N12 "Undercover" / plate semelle - full tang)

SOIE TRAVERSANTE / RAT TAIL TANG or STICK TANG

Avantages

  • Très peu de métal dans la poignée = poids réduit au maximum.

  • Intéressant pour les minimalistes qui comptent chaque gramme.

  • La soie fine permet des manches fins.

  • L’absence de rivets apparents permet des lignes plus épurées ou des formes complexes.

Inconvénients

  • La soie fine peut plier ou casser sous contrainte.

  • Ne supporte pas les usages intensifs.

  • Risques de jeu dans la poignée avec le temps.

  • Une casse est souvent irréparable sur le terrain.

Exemple / Example

(Ka Bar - 1213 / soie traversante - rat tail tang)


"Keep your edge"

dimanche 19 avril 2026

CHRONIQUES DE PAPIER

L’Arme Froide

Auteur : Gérard Lecoeur


1. La réalité du combat au couteau

Lecoeur insiste dès le départ :

  • Le combat au couteau n’a rien de noble ou de spectaculaire, contrairement à ce que montrent les films ou certains arts martiaux.

  • En situation réelle, c’est chaotique, violent, rapide et extrêmement dangereux.

  • L’auteur déconstruit les fantasmes : il remet en cause les démonstrations trop chorégraphiées et les enchaînements irréalistes.

2. Les dangers et illusions

Il identifie plusieurs illusions fréquentes :

  • Croire qu’on pourra "parer" toutes les attaques comme en karaté.

  • Sous-estimer la vitesse et l’imprévisibilité d’un agresseur armé.

  • Négliger le facteur psychologique : peur, stress, douleur, sidération.

3. Principes fondamentaux

Lecoeur ne propose pas un style figé, mais des principes adaptables :

  • Simplicité avant tout : pas de techniques complexes ou acrobatiques.

  • Utiliser les lignes naturelles du corps pour frapper et se protéger.

  • Minimiser les mouvements, maximiser l'efficacité.

  • Viser des cibles vulnérables : gorge, yeux, artères, mains.

  • Le premier qui touche gagne : pas de duel, pas de round, pas de règles.

4. L’arme et le corps

  • Le couteau n’est qu’un prolongement de la main.

  • L’auteur insiste sur la posture, la gestion de distance, la mobilité.

  • Il développe des techniques offensives et défensives avec ou sans arme, en se basant sur l’anatomie et les réflexes humains.

5. Le mental : facteur clé

  • Le combat réel est mental autant que physique.

  • Il faut accepter l’idée de blesser pour survivre. Ce n’est pas du sport.

  • Lecoeur parle du "pragmatisme moral" : faire ce qu’il faut pour survivre, sans chercher à "gagner proprement".

6. Entraînement

  • L’auteur propose des exercices simples, réalistes, souvent en duo, avec une attention constante à la sécurité.

  • Il conseille l’entraînement avec des armes factices, mais dans un cadre intense, qui simule le stress réel.

7. Légalité et responsabilité

Lecoeur aborde brièvement la notion de légitime défense, sans la développer juridiquement, mais en insistant sur :

  • La nécessité de connaître le cadre légal de son pays.

  • L’importance de pouvoir justifier ses actes après une confrontation.


"Keep your edge"

CHRONIQUES DE PAPIER

131 nuits otage des talibans – Kabul Rock Radio


Auteur : Pierre Borghi

Imaginez : un soir, dans les rues de Kaboul, vous êtes enlevé par des Talibans. Plus de liberté, plus de repères. Seulement des murs, des chaînes, des menaces. Et cette certitude glaciale : votre vie ne tient plus qu’à un fil.

C’est ce qu’a vécu Pierre Borghi, photographe et humanitaire, retenu 131 jours en captivité en Afghanistan. Son livre, "131 nuits otage des talibans – Kabul Rock Radio", raconte cette descente aux enfers. Mais au lieu d’un témoignage figé dans la peur, Borghi livre un récit étonnant, mêlant tension, lucidité et… humour. Oui, de l’humour. Car pour ne pas sombrer, il invente une radio imaginaire dans sa tête, Kabul Rock Radio, qui devient son arme de survie mentale.

À travers son écriture, on découvre la brutalité de la captivité, mais aussi la force intérieure d’un homme qui refuse de s’éteindre. Le récit nous parle de peur, de résilience, d’absurde parfois, et surtout de ce besoin irrépressible de liberté.

Plus qu’un simple témoignage, ce livre est une leçon de vie : comment garder son humanité quand tout semble perdu.


"Keep your edge"