Le concept de la « boîte à malice » est une notion que j’ai découverte il y a maintenant de nombreuses années.
Au début des années 2000, j’ai participé à un stage de Protection Personnelle dispensé par Fred Perrin et Éric Haffray. Ce stage était composé de plusieurs modules, dont l’un portait spécifiquement sur le concept de la "boîte à malice".
La boîte à malice désigne un ensemble d’outils tranchants, perforants, impactants, ou encore hybrides, réalisés pour la plupart de manière artisanale. L’idée est d’exploiter des objets du quotidien et des matières premières immédiatement disponibles dans l’environnement dans lequel on évolue, en les détournant ou en les transformant à des fins utilitaires ou défensives. À cette époque, je n’étais pas encore coutelier professionnel, mais j’étais déjà profondément passionné par les couteaux et les sports de combat.
Ce principe se retrouve d’ailleurs très largement dans le milieu carcéral. Privés d’accès aux armes conventionnelles, les détenus fabriquent des armes de fortune à partir des matières premières disponibles sur place.
Quelques années plus tard, j’ai travaillé pendant près de dix ans autour de ce concept. À l’époque, un ami à moi était contractor en mission de contre-piraterie en Somalie. Il avait besoin «d'outils» capables de voyager à l’étranger, de passer certains contrôles, et d’être immédiatement opérationnels sur zone. Nous avons donc longuement réfléchi et travaillé ensemble sur ces problématiques, et j’ai fabriqué un certain nombre d’outils pour l’accompagner lors de ses déplacements.
Ces outils sont répartis en plusieurs catégories :
- Armes de fortune industrielles
- Armes de fortune artisanales
- Armes dissimulées industrielles
- Armes dissimulées artisanales
- Armes clandestines (NPE – Non Permissive Environment)
Ils se déclinent également en sous-catégories fonctionnelles :
- Tranchant
- Perforant
- Tranchant & perforant
- Impactant
- De jet
- A propulsion
- Chimique
Pour ma part, je me limite volontairement à ces catégories. Les armes à feu constituent un domaine à part entière, que je ne maîtrise pas suffisamment pour en parler avec légitimité. Mon métier, depuis plus de vingt ans, est la fabrication de couteaux : je suis coutelier, pas armurier.
Ce concept s’adresse en priorité aux professionnels des métiers des armes ou de la sécurité opérant dans des environnements à risque, mais également aux journalistes, aux personnes présentant un fort potentiel de kidnapping, et plus largement à toute personne lambda. Car personne n’est réellement à l’abri : tout dépend de qui vous êtes, d’où vous vous trouvez et de ce que vous faites.
Aujourd’hui, j’ai l’opportunité et la chance d’intervenir ponctuellement comme consultant auprès de certains opérateurs sur des sujets précis, dont celui-ci. Ces échanges me permettent de continuer à faire évoluer et affiner ce concept au contact direct d’hommes de terrain. Je les remercie pour leur confiance.
Module boîte à malice pour des opérateurs
Vous trouverez ci-dessous quelques photos d’un exemple très connu « d’arme de fortune ».
Je pourrais en montrer des dizaines, voire des centaines, mais je préfère laisser le champ libre à votre imagination.
Attention toutefois à cet exercice mental : une fois commencé, vous risquez de voir des « armes de fortune » partout…
"Keep your edge"























