vendredi 22 mai 2026

CHRONIQUES DE PAPIER


Le mendiant de l’Eldorado

Auteur : Jules Crevaux


Publié initialement à la fin du XIXe siècle, Le Mendiant de l’Eldorado est le récit captivant des expéditions de Jules Crevaux, médecin de la marine et explorateur français, à travers la Guyane et l’Amazonie entre 1876 et 1879.

Contrairement à ses contemporains, Crevaux choisit de voyager léger, souvent pieds nus et accompagné de quelques guides indigènes. Cette approche lui permet une immersion totale dans les territoires qu'il explore, favorisant des rencontres authentiques avec les peuples autochtones et une observation minutieuse de la faune et de la flore locales.

Au-delà de l'aventure, Crevaux poursuit une mission scientifique : cartographier des régions inexplorées, étudier les langues et coutumes des tribus, et collecter des spécimens pour enrichir les connaissances européennes sur l'Amazonie. Son travail contribue notamment à la compréhension du bassin amazonien et des cultures qui y vivent.

Le style de Crevaux, précis et détaillé, offre un témoignage unique sur une époque où l'Amazonie restait largement inconnue. Ses descriptions des paysages, des rencontres et des défis rencontrés lors de ses voyages transportent le lecteur au cœur de cette jungle dense et mystérieuse.

Le Mendiant de l’Eldorado est bien plus qu'un simple récit de voyage, c’est une plongée dans l'histoire de l'exploration et un hommage à la curiosité et à la persévérance humaines. Pour les passionnés d'aventure, de sciences humaines ou d'histoire, ce livre constitue une lecture incontournable.


"Keep your edge"

CHRONIQUES DE PAPIER


L’art de la guerre

Auteur : Sun Tzu


Le classique intemporel de la stratégie et de la maîtrise de soi.

Dans ce traité vieux de plus de deux mille ans, Sun Tzu, général et philosophe chinois, livre une vision percutante et lucide de l’art de la guerre. Loin de glorifier le combat, il enseigne que la véritable victoire est celle que l’on remporte sans verser de sang. Par la ruse, l’anticipation, la connaissance de soi et de l’adversaire, il montre comment triompher sans affrontement direct.

Plus qu’un simple manuel militaire, L’Art de la guerre est devenu au fil des siècles un guide universel de stratégie, de leadership et de gestion des conflits, utilisé aujourd’hui aussi bien par les dirigeants que les entrepreneurs, les négociateurs ou les passionnés de développement personnel.

Un ouvrage court, dense, mais d’une profondeur redoutable, qui vous apprendra à penser autrement face à l’adversité, sur le champ de bataille comme dans la vie.

1. Évaluation

Sun Tzu insiste sur l’importance de l’analyse préalable : connaître le terrain, l’ennemi, ses propres forces, le moral des troupes, et la stratégie. Il recommande de ne jamais se lancer sans une évaluation complète.

2. La conduite de la guerre

Il explique que la guerre doit être brève et efficace : un conflit long ruine un pays. La logistique et les ressources doivent être utilisées avec prudence.

3. La stratégie offensive

Le meilleur combat est celui qu’on gagne sans combattre. La victoire intellectuelle est supérieure à la force brute. Briser les alliances ennemies ou retourner ses forces internes est plus puissant qu’un affrontement direct.

4. Dispositions militaires

Sun Tzu insiste sur l’importance de la préparation. Être invincible vient de soi, vaincre l’ennemi dépend de ses erreurs. Une armée bien positionnée n’a pas besoin d’attaquer pour dominer.

5. Énergie

L’énergie des troupes doit être concentrée et bien dirigée. Il faut savoir alterner force directe et tactique indirecte, pour créer la surprise et l’avantage.

6. Les points faibles et les points forts

Il faut détecter les vulnérabilités de l’ennemi et les exploiter. En revanche, il faut masquer les siennes. L’adaptabilité et la flexibilité sont essentielles.

7. La manœuvre

Ce chapitre parle du mouvement des troupes et des dangers des marches longues ou désorganisées. Il faut savoir faire preuve de ruse pour éviter les pièges.

8. Les neuf variables

L’auteur souligne qu’il faut s’adapter aux situations changeantes. Une stratégie figée est vouée à l’échec. La souplesse mentale est une arme capitale.

9. L’armée en marche

Sun Tzu décrit les signes à surveiller chez l’ennemi (fatigue, désordre, peur…) et comment interpréter le terrain. L’observation attentive donne l’avantage.

10. Le terrain

Chaque type de terrain (étroit, difficile, ouvert…) requiert une tactique différente. Le commandant doit adapter sa stratégie au contexte physique.

11. Les neuf situations

Il identifie neuf types de situations militaires (position favorable, dangereuse, critique, etc.) et la manière de les gérer. Chaque position exige une réponse spécifique.

12. L’art d’attaquer par le feu

Les attaques doivent aussi employer les éléments naturels (comme le feu). Il faut choisir le moment juste, notamment selon le climat et la saison.

13. L’usage des espions

L’espionnage est un élément décisif de la stratégie. Connaître l’ennemi de l’intérieur permet d’éviter des conflits longs ou coûteux.


« Keep your edge »

CHRONIQUES DE PAPIER

Manuel du Résistant

« guide pratique de sabotage à l’usage du maquis en territoire occupé »

Auteur : Stephen Hart & Chris Mann


Ce manuel s’inspire directement des documents de formation des agents de la SOE britannique (Special Operations Executive) et de l’OSS américain (Office of Strategic Services) pendant la Seconde Guerre mondiale. Il vise à transmettre les techniques de sabotage, d'espionnage et de survie utilisées par les résistants opérant derrière les lignes ennemies, notamment dans les maquis en France occupée.

Le livre est découpé en sept grandes phases d’une mission de résistance, depuis la préparation jusqu’à l’exfiltration :

1. Préparation et infiltration

  • Création d’une fausse identité

  • Préparation mentale et physique

  • Techniques de parachutage et d’arrivée clandestine

2. Installation et camouflage

  • Trouver un logement sûr

  • Se fondre dans la population locale

  • Dissimuler son équipement et ses activités

3. Communication secrète

  • Utilisation de radios portatives et de messages codés

  • Techniques de chiffrement

  • Envoi de messages à Londres sans se faire repérer

4. Sabotage et démolition

  • Cibler des infrastructures stratégiques : voies ferrées, ponts, dépôts, usines

  • Utiliser des explosifs artisanaux et des détonateurs différés

  • Sabotage silencieux (ex. : saboter un moteur sans explosion)

5. Combat et défense

  • Tactiques de combat rapproché

  • Désarmement et neutralisation silencieuse

  • Sabotage d’armes ennemies

6. Mobilisation locale

  • Organisation des groupes de maquisards

  • Former les résistants locaux aux techniques de guérilla

  • Ravitaillement et logistique clandestine

7. Exfiltration

  • Planification d’un départ : par mer, voie ferrée, ou extraction aérienne

  • Effacement des traces

  • Gérer une arrestation ou une fuite sous pression


"Keep your edge"

lundi 11 mai 2026

TACTIC OR NOT TACTIC - That is the question...

L’excès de « poudre de perlimpinpin et de paillettes » n’apporte souvent rien de bon. 

Certains couteaux de chasse, baïonnettes modifiées ou même de simples couteaux de boucher retaillés furent utilisés par les Poilus durant la Première Guerre mondiale, preuve qu’un outil bien choisi suffit souvent amplement.

Un couteau, comme tout outil, n’est que le prolongement de la volonté de son utilisateur. Cependant, certains critères méritent réflexion pour bien choisir.

War Time...


Sabatier 6"


Sabatier original à gauche & Sabatier customisé à droite

Lames fixes ou pliants : que privilégier ?

Dans la mesure du possible, il est recommandé d’opter pour une lame fixe, les couteaux pliants (folders) servant plutôt de « back up » pour un usage quotidien léger : couper une cordelette, manger, bricoler. Une lame fixe présente moins de contraintes mécaniques qu’un couteau pliant, dont la lame peut finir par se refermer sur vos doigts, quel que soit le système de verrouillage ou le prix.

Certains concepts d’aide à l’ouverture, comme le système « Wave », fonctionnent bien en « training » mais peuvent s’avérer peu fiables en situation de stress. À l’inverse, le « Flipper » présente un intérêt supplémentaire : il forme une garde une fois déployé, offrant une meilleure protection pour la main (selon la taille du Flipper). Attention toutefois aux flippers, car ce système peut parfois entraîner une ouverture accidentelle de la lame lorsqu'il est porté dans une poche ou en inside.

Pour une ouverture optimale d’un folder, rien de mieux qu’une ouverture à deux mains. La main faible qui tire sur la lame et la main forte qui pousse sur le manche. D’où ma petite préférence pour les folders de la marque Américaine Spyderco qui possèdent des lames qui dépassent assez largement du manche quand le couteau est fermé du au « Spyderhole » (le trou emblématique de la marque à l’araignée qui permet une ouverture à une main). Ce concept prend une certaine place sur la lame, ce qui nous donne de la matière à saisir avec la main faible.

"Endura" by Spyderco

Les exceptions dans la catégorie des pliants

Quelques types de pliants se démarquent par leur sécurité et leur rapidité de mise en oeuvre:

  • Balisong (nommé également: Papillon ou Butterfly)

  • OTF (Out The Front)

  • Trifolder

Ces modèles ont l’avantage de ne pas risquer de se refermer sur les doigts une fois ouverts, grâce à leur conception.

Balisong - N14 "Le Poilu" by Station IX


OTF - Microtech Combat Troodon


"Tri Folder" by Fred Perrin

Le couteau fixe : l’outil par excellence

Revenons à la lame fixe, accompagnée d’un étui en Kydex, de préférence de type « Taco » pour éviter un étui trop encombrant. Celui-ci doit être adapté et permettre un mode de port optimal selon : Qui vous êtes ? Où vous êtes ? Et ce que vous faites ? 

Une lame fixe, bien conçue et bien portée, est toujours plus rapide à mettre en œuvre qu’un pliant.

Un bon couteau fixe doit être: simple, rustique et sans fioritures. 

Les facteurs importants sont les suivants : 

  • Une dureté HRC raisonnable pour une facilité d’affûtage sur le terrain.

  • Une géométrie de pointe et d'émoutures adaptées à l'utilisation principale.

  • Avec une garde (1 quillon, 2 quillons, 1 finger choil, 1 finger groove).

  • Une bonne balance d’équilibre entre le manche et la lame avec une épaisseur générale adaptée pour une utilisation optimale et un port agréable et discret pour ne pas occasionner de gène et une attention visuel suspect. L'épaisseur ne fait pas la solidité d'un couteau, mais son traitement thermique oui. Par contre une chose est sur, plus il sera épais et plus il sera lourd à porter.

  • Une très bonne ergonomie avec une bonne rétention et dans l’idéal un couteau avec un manche asymétrique pour savoir dans quelle position est votre couteau uniquement avec le sens du touché. 

  • Personnellement, je préfère éviter les couteaux avec 4 empreintes de doigts, car rarement confortables selon la largeur des mains et souvent inconfortables avec des gants, d’où m’a préférence pour un seul et unique « finger choil » ou une asymétrie quelconque.

Anatomie d'un couteau de soldat - N8 "S.E.R.E" by Station IX


N12 "Undercover" by Station IX

Les designs spécifiques

Certains couteaux, comme les Push Dagger, les Griffes, les Pikals, ou encore les Serpettes, mériteraient un article à part entière. Ce ne sont pas de simples designs, mais des concepts avec des usages spécifiques.


N13 "Cyclop" by Station IX


N5 "The Scorpion" by Station IX (collaboration avec Fred Perrin - créateur de La Griffe)


Pikal - "Skeleton"




"Serpette N°10" by Opinel

En revanche, je suis moins convaincu par d’autres modèles, comme :

  • Les automatiques latéraux, qui présentent peu d’avantages face aux OTF. Bien qu’ils s’ouvrent d’une main, leur lame peut se refermer sur les doigts.

  • Les Karambits, dont l’anatomie trop spécialisée le rend moins polyvalent qu’un couteau à lame fixe classique.

Conclusion : choisir un couteau adapté

Chaque concept a ses avantages et ses inconvénients. La clé est de choisir un couteau qui répond à qui vous êtes, où vous êtes, et ce que vous faites. 

Finalement, le meilleur outil est celui qui saura s’adapter à votre usage réel, sans excès de complexité.


"Keep your edge"

vendredi 1 mai 2026

WAVE vs WAVE

Leatherman Wave 1998 à gauche et Leatherman Wave Alpha 2025 à droite

420 HC steel / MagnaCut steel

Pince avec coupe-fils intégré / pince avec coupe-fils remplaçables

Wave 1998 - Outils externe avec Liner Lock

Wave Alpha - Outils externe avec Liner Lock

Wave 1998 - Outils interne sans système de Lock

Wave Alpha - Outils interne avec Back Lock

Le Leatherman Wave de première génération (1998) et le Leatherman Wave Alpha (2025) illustrent parfaitement l’évolution de la philosophie multitool chez Leatherman, entre héritage fonctionnel et montée en gamme technique.

Le modèle de 1998 mise avant tout sur la robustesse simple et l’essentiel. Plus compact et légèrement plus léger, il se distingue par son manche en acier inoxydable, sa lame Clip Point en acier 420HC, et une approche orientée outils “classiques”. En revanche, il montre ses limites par l’absence de blocage sur les outils intérieurs, une ergonomie plus sommaire et des performances de lame aujourd’hui dépassées. Son prix, relativement contenu, reflète cette philosophie utilitaire et accessible.

À l’opposé, le Wave Alpha incarne une évolution moderne et premium. Plus long, légèrement plus épais et un peu plus lourd, il compense largement par un saut technologique majeur : lame principale en MagnaCut, Reverse Tanto, ouverture à une main, et systèmes de blocage complets (liner lock et back lock). Le manche en G10 apporte un double avantage : une prise en main nettement améliorée grâce à un grip plus sûr, mais aussi un confort supérieur par temps froid, le matériau étant bien moins conducteur thermique que l’acier, limitant la sensation de froid et améliorant la sécurité d’utilisation en conditions hivernales. L’ergonomie générale et l’amélioration de certains outils en font un multitool clairement orienté usage intensif. En contrepartie, le prix est nettement plus élevé et l’étui n’est plus inclus.

En résumé, le Wave 1998 représente un multitool sobre, fiable et polyvalent, fidèle à l’esprit originel de la marque, tandis que le Wave Alpha s’adresse à un public exigeant recherchant performance, sécurité et matériaux haut de gamme, au prix d’un investissement conséquent. Deux époques, deux philosophies, mais une continuité claire dans l’ADN Leatherman.


"Keep your edge"