mercredi 1 avril 2026

LE BALISONG


Il y a une histoire profonde qui me lie à ce concept de couteau, une passion qui remonte à mon enfance. Tout a commencé lorsque j'avais environ 7 ans, quand un ami, Charles, m'a transmis sa fascination pour les couteaux. C’est à cet âge que mon père m’a acheté mon premier couteau dans une armurerie : un Balisong.

Ce type de couteau a accompagné une grande partie de ma jeunesse, particulièrement durant les années 80-90, période où il était très en vogue. Au fil du temps, j'ai eu la chance de posséder différents modèles, allant des plus exotiques, fabriqués aux Philippines, aux plus modernes en titane montés sur roulements à billes. Mais au-delà des matériaux et des designs variés, ce couteau présente plusieurs caractéristiques qui le rendent particulièrement intéressant.

Tout d’abord, par sa conception, lorsqu'il est en position ouverte et correctement tenu en main, il est impossible que la lame se referme sur vos doigts, ce qui en fait l’un des couteaux pliants les plus sécurisés sur le marché. Les couteaux OTF (Out The Front) et les Trifolders appartiennent également à cette catégorie de « pliants sécurisés », mais c’est un autre sujet.

  • Il peut s’ouvrir et se fermer d'une seule main de manière assez facile et rapide avec un peu de pratique.

  • En position fermée, avec la lame logée entre les deux branches, il est également très sûr. Par exemple, en cas de chute à vélo ou à moto, une lame fixe dans son étui en cuir ou Cordura peut traverser l’étui et vous blesser. Cela est impossible avec un Balisong correctement fermé et rangé dans un étui de ceinture.

  • Si une vis ou un rivet d'une des deux branches venait à se perdre, il est assez simple de le remplacer sur le terrain avec un clou, une goupille, un anneau brisé ou même un simple fil de fer du bon diamètre en guise d’axe de fortune.

  • Selon la taille de votre Balisong en position fermée, il peut également servir d'outil d'impact pour votre Protection Personnelle.

  • Lors de certaines ouvertures spécifiques, les branches peuvent aussi être utilisées pour frapper un adversaire.

  • Grâce à sa conception mécanique rustique, il est plutôt solide pour un couteau pliant et peut facilement remplacer une lame fixe pour des tâches légères en milieu naturel.

Je ne vais pas revenir sur l’historique du Balisong, car beaucoup l’ont déjà fait avant moi et son origine reste incertaine, rendant difficile toute affirmation définitive. Toutefois, il est intéressant de noter que ce couteau pliant a été utilisé dans certains conflits, comme dans les tranchées pendant la Première Guerre mondiale par certains de nos « Poilus », ou encore durant la guerre du Vietnam.

Le Balisong a souvent été mal perçu, injustement associé à un couteau de « voyou » en raison des films des années 80-90. Aujourd’hui, il est principalement prisé par une clientèle assez jeune, qui se passionne pour le « flipping », une pratique consistant à exécuter des figures acrobatiques avec le couteau. Cela développe une dextérité impressionnante, mais nécessite des heures d'entraînement. Pour être honnête, ce n’est pas vraiment mon domaine d'intérêt, car ma pratique du Balisong est plus orientée vers le « combat » que vers le « flipping », mais une chose est sur, ce concept a encore de belles années devant lui.

Le fait qu’il soit souvent lié à la rue ne le rend pas plus dangereux qu’un Opinel ou un autre couteau. Comme toute arme, il est dépourvu de vie et n’est que le prolongement de la volonté de la personne qui l’utilise.

Comme vous l’aurez compris, c’est un concept que j’affectionne tout particulièrement pour sa fiabilité, son efficacité et sa rusticité. Il a traversé les époques grâce à ces qualités indéniables.

(Balisong anatomy)

(De gauche à droite : N14 "Le Poilu" by Station IX, BM51 "Morpho" by Benchmade, BM42 by Benchmade, BM31 by Benchmade, "CIA Balisong" by Hackman, Padayan by Armand Palacio)


(Impact Tool)


"Keep your edge"



LE BALISONG


Mode de port


Après plusieurs essais pour déterminer la meilleure façon de porter mes couteaux papillon, j’ai finalement opté pour le mode de port "Shock Fly System".

Simple et efficace, ce système réunit les deux qualités essentielles à tout concept opérationnel : la fonctionnalité et la simplicité. En situation réelle, il n’y a pas de place pour les fioritures.

J’ai conçu ce système en suivant un cahier des charges, répondant à des besoins concrets :

  • Mise en œuvre rapide du couteau

  • Déploiement instinctif, même sous stress

  • Port discret et peu détectable

  • Optimisé pour un encombrement minimal

  • Installation simple

  • Coût très faible

  • Fabrication rapide et accessible

  • Matière première faciles à se procurer

  • Signature sonore réduite en phase statique comme dynamique (port et extraction)

  • Libération naturelle du latch lors de la mise en œuvre

Ce système est né d’un besoin réel, avec une priorité donnée à l’efficacité, la simplicité, et l’adaptabilité.




« Keep your edge »




LE BALISONG


STREET OPENING


  • Technique 1 : Haut Bas Haut

  • Techniques 2 : Côté Bas Haut

  • Technique 3 : Circulaire

  • Technique 4 : Rotation

  • Technique 5 : Ice pick

Il existe une multitude de techniques pour ouvrir et fermer un balisong. Toutefois, beaucoup ne sont pas adaptées à la « Protection Personnelle » ou à une situation sous stress.

Comme toujours, tout dépend de trois facteurs essentiels :

  • Qui l’on est

  • Où l’on est

  • Ce que l’on fait

On peut distinguer deux styles principaux : le « Flipping Freestyle » et le « Street Opening ».

Le Flipping Freestyle

Ce style est idéal pour développer la coordination et la motricité fine des doigts et des mains. Il se caractérise par des manipulations complexes, souvent techniques, parfois même aériennes. Certaines figures demandent des heures, voire des semaines, de pratique, et certaines peuvent s’avérer risquées pour l’intégrité de vos doigts. C’est une discipline exigeante, mais excellente pour progresser dans le maniement global du balisong.

Le Street Opening

Ce style repose sur un ensemble réduit de techniques simples, conçues pour être rapidement assimilées et applicables en situation réelle. Il ne demande pas une grande dextérité manuelle et peut être maîtrisé en relativement peu de temps. Ici, pas de fioritures : chaque geste est fonctionnel, direct, pensé pour l’efficacité.

Ces deux approches ne sont pas incompatibles: bien au contraire, elles peuvent être complémentaires.
Personnellement, je consacre environ 80 % de ma pratique au Street Opening, et 20 % au Flipping Freestyle.
Ce choix me permet, d’une part, de renforcer ma fluidité et ma capacité à exécuter des techniques simples et efficaces sous pression ; et d’autre part, d’améliorer ma motricité fine en explorant des mouvements plus techniques qui enrichissent, à terme, mon Street Opening.


« Keep your edge »